Aller au contenu
NET&PRO...

Cookies, traceurs et consentement : la bannière que vous n'avez peut-être pas besoin d'avoir

Une bannière de cookies ne met personne en conformité : elle atteste d'un consentement, ou elle l'invalide. La plupart de celles qu'on croise font la seconde chose. Et pour beaucoup de sites vitrines, la bonne correction n'est pas de refaire la bannière, c'est de la supprimer en changeant ce qu'il y a derrière.

Avant d'appliquer ce mémo

Les manipulations décrites ici peuvent entraîner une perte de données ou l'indisponibilité d'un service. Avant d'en appliquer une seule : faites une sauvegarde complète et vérifiez qu'elle se restaure, travaillez d'abord sur un environnement sans enjeu, et n'exécutez aucune commande dont vous ne comprenez pas l'effet.

Ce mémo est un contenu pédagogique de portée générale. Il ne tient pas compte de votre situation, n'a pas valeur de conseil professionnel, et son application relève de votre seule responsabilité. Avertissement et limites d'usage

🍪

1. La bannière ne vous protège pas Elle enregistre une preuve, ou elle la détruit

Le raisonnement habituel est celui-ci : la loi impose une bannière, j'ai installé une bannière, je suis en règle. Il est faux à chaque étape. La loi n'impose pas de bannière, elle impose un consentement préalable et libre avant tout dépôt de traceur non essentiel. La bannière n'est qu'un moyen de recueillir ce consentement, et elle ne vaut que si le consentement qu'elle recueille est valable.

Une bannière mal réglée fait donc exactement l'inverse de ce qu'on attend d'elle : elle prouve que vous saviez, elle horodate le dépôt des traceurs, et elle documente que le visiteur n'a pas eu de choix réel. Un site sans bannière du tout est dans une situation moins lisible qu'un site avec une bannière qui piège son visiteur.

ℹ️
Ce mémo ne traite pas de tout le RGPD. Les traceurs relèvent de l'article 82 de la loi Informatique et Libertés, qui transpose une directive européenne distincte du RGPD. C'est pour cette raison que la CNIL peut sanctionner sur les cookies sans passer par le mécanisme de coopération européen, et c'est ce qui explique la rapidité de ses décisions dans ce domaine.
❌

2. Les six erreurs qui rendent une bannière attaquable Regardez la vôtre en lisant

Ces règles viennent des lignes directrices de la CNIL et de la recommandation qui les accompagne. Elles sont stables depuis 2020, ce qui veut dire qu'une bannière installée avant cette date est presque certainement dans un ou plusieurs de ces cas.

L'erreurCe qu'on voit sur le siteCe qu'il faut
1. Refuser coûte plus cher qu'accepter Un bouton « Tout accepter » bien visible, et le refus qui demande d'ouvrir un panneau de réglages puis de décocher des cases. Refuser doit se faire en un clic, au même niveau qu'accepter. C'est la règle la plus contrôlée, et la plus souvent violée.
2. Les deux boutons ne se valent pas visuellement « Accepter » en couleur vive et « Continuer sans accepter » en petit texte gris, en haut à droite ou en bas de page. Même taille, même contraste, même emplacement de lecture. Une équivalence de forme, pas seulement de fonction.
3. Les traceurs partent avant le choix Rien ne se voit. Il faut ouvrir les outils du navigateur pour constater que les cookies de mesure sont déjà déposés pendant que la bannière s'affiche. Aucun dépôt tant que le visiteur n'a pas accepté. C'est le point qui invalide le plus de bannières par ailleurs bien dessinées.
4. Des cases pré-cochées Un panneau de réglages où les finalités sont déjà activées à l'ouverture. Tout décoché par défaut. Le consentement suppose un geste positif, et l'absence de geste vaut refus.
5. Le défilement vaut acceptation Une mention du type « en poursuivant votre navigation, vous acceptez ». Cette formule n'a plus aucune valeur. Continuer à lire une page n'est pas un consentement.
6. On ne peut pas revenir sur son choix La bannière disparaît après le premier clic et rien ne permet de la rouvrir. Un moyen permanent de modifier son choix, typiquement un lien en pied de page. Retirer son consentement doit être aussi simple que de l'avoir donné.
⚠️
Deux durées à connaître. Le choix du visiteur, acceptation comme refus, se conserve six mois au maximum avant de redemander. Les traceurs eux-mêmes ne devraient pas vivre plus de treize mois, et les données qu'ils produisent pas plus de vingt-cinq. Une bannière qui redemande à chaque visite est aussi peu conforme qu'une bannière qui ne redemande jamais : dans le premier cas, on épuise le visiteur jusqu'à ce qu'il accepte.
✨

3. Le cas fréquent où la bannière est inutile Et où la retirer est la bonne correction

Voici ce que presque personne ne dit à une TPE : si votre site ne dépose des traceurs que pour mesurer votre propre audience, vous pouvez être dispensé de recueillir un consentement, donc de toute bannière. L'article 82 prévoit cette exemption, et la CNIL en a précisé les conditions, notamment par une délibération de juillet 2025.

Les conditions de l'exemption

  • La finalité est strictement la mesure d'audience de votre site : fréquentation, pages consultées, problèmes de navigation.
  • Les traceurs travaillent pour votre seul compte.
  • Les données produites sont des statistiques anonymes.
  • Aucun recoupement avec d'autres traitements, aucun suivi du visiteur d'un site à l'autre, aucune transmission à un tiers.

Ce que cela exclut

La configuration standard de l'outil de mesure de Google ne remplit pas ces conditions : les données partent chez un tiers qui peut les recouper. Les outils compatibles sont ceux que l'on héberge soi-même ou qui s'engagent contractuellement sur ces limites, avec anonymisation de l'adresse IP, sans identifiant d'utilisateur et sans suivi entre domaines.

Le partage sur les réseaux sociaux, la publicité, les vidéos intégrées et les cartes chargées depuis un tiers restent soumis au consentement.

🔥
Le calcul est vite fait pour un site vitrine. D'un côté, une bannière à faire régler correctement, à maintenir, à documenter, qui fait fuir une partie des visiteurs et qui fausse vos statistiques puisque ceux qui refusent ne sont plus comptés. De l'autre, un outil de mesure en configuration exemptée, sans bannière, qui compte tout le monde et ne demande rien. Le second est à la fois plus simple, plus respectueux et plus précis. Il ne convient pas si vous faites de la publicité ciblée, mais pour un site qui présente une activité, c'est presque toujours le bon choix.
💡
Même exempté, vous devez informer. L'exemption porte sur le consentement, pas sur l'information : votre politique de confidentialité doit dire quels traceurs vous déposez, pour quoi faire et combien de temps. C'est une page à écrire, pas une bannière à afficher.
🔍

4. Un traceur n'est pas forcément un cookie Ce que les gens oublient dans leur inventaire

Le texte parle d'accès à des informations stockées dans le terminal de l'utilisateur, quelle qu'en soit la forme. Le cookie est le cas le plus connu, il est loin d'être le seul.

Le stockage local

Les mécanismes de stockage du navigateur permettent d'écrire chez le visiteur sans déposer un seul cookie. Beaucoup d'outils s'en servent, et beaucoup d'inventaires de conformité les oublient parce qu'ils ne cherchent que des cookies.

Les ressources chargées ailleurs

Une police de caractères, une carte, une vidéo intégrée, un bouton de partage : chacun fait partir une requête vers un tiers, avec l'adresse IP de votre visiteur et la page qu'il consulte. Cela se produit avant tout clic, dès l'affichage.

L'empreinte du navigateur

Certaines techniques identifient un visiteur par la combinaison de ses caractéristiques techniques, sans rien écrire chez lui. Le fait de ne rien déposer ne les sort pas du champ.

⚠️
Le cas des polices et des cartes est le plus courant, et le plus ignoré. Un site parfaitement innocent qui charge ses polices depuis un service tiers transmet à celui-ci l'adresse IP de chacun de ses visiteurs, page par page. La correction est technique et sans effet visible : héberger les fichiers chez soi. Elle accélère en prime l'affichage, puisqu'elle supprime une connexion vers un autre domaine.
💰

5. Ce que le consentement coûte à vos données L'argument qu'on ne vous donne jamais

Une bannière conforme, c'est-à-dire une bannière où refuser est aussi simple qu'accepter, fait chuter la part de visiteurs mesurés. Vos statistiques ne décrivent alors plus votre audience mais la partie de votre audience qui a bien voulu être comptée, et rien ne dit que les deux se ressemblent.

Ce que ça change dans vos décisions

Comparer le trafic d'avant et d'après la bannière n'a aucun sens. Comparer deux pages entre elles reste valable, puisque le biais s'applique aux deux. Le chiffre absolu, lui, cesse d'être un chiffre d'audience.

Pourquoi l'exemption règle aussi ce problème

Une mesure d'audience exemptée compte tout le monde, puisqu'elle ne demande rien. Vous récupérez des chiffres complets, et vous les récupérez en étant plus respectueux de vos visiteurs, pas moins. C'est l'une des rares situations où la conformité et l'intérêt vont dans le même sens.

🎓
Le contrôle s'est automatisé. Vérifier une bannière ne demande plus qu'un robot : il visite la page, regarde si des traceurs sont déposés avant tout clic, et compare le nombre de clics nécessaires pour refuser et pour accepter. Les trois erreurs les plus fréquentes de la section 2 se constatent donc à grande échelle, sans intervention humaine, sur n'importe quel site. C'est aussi la raison pour laquelle l'argument « personne ne viendra regarder un site comme le mien » a cessé d'être vrai.
📋

6. Le plan, dans l'ordre Une demi-journée pour l'essentiel

Étape 1

Inventorier, une heure

Ouvrez votre site dans une fenêtre de navigation privée, ouvrez les outils de développement, et regardez ce qui est déposé avant tout clic. Notez aussi les requêtes qui partent vers d'autres domaines. C'est votre point de départ réel, qui ne ressemble presque jamais à ce que vous croyiez avoir installé.

Étape 2

Trancher : bannière ou exemption

Si l'inventaire ne contient que de la mesure d'audience, visez l'exemption. S'il contient de la publicité, du partage social ou des vidéos intégrées, vous aurez une bannière, et il faut alors qu'elle soit juste.

Étape 3

Supprimer avant de demander

Chaque traceur retiré est un consentement de moins à recueillir. Les outils de mesure oubliés, les boutons de partage que personne n'utilise, l'ancienne régie publicitaire : commencez par le ménage, la conformité devient beaucoup plus simple ensuite.

Étape 4

Rapatrier ce qui peut l'être

Polices hébergées chez vous, carte remplacée par une image cliquable, vidéo qui ne se charge qu'au clic. Trois corrections qui suppriment des transferts vers des tiers sans rien enlever au visiteur, et qui accélèrent la page.

Étape 5

Écrire la politique de confidentialité

Quels traceurs, pour quelle finalité, combien de temps, et comment revenir sur son choix. Obligatoire dans les deux cas, exemption comprise. C'est aussi la page que consultera en premier quelqu'un qui veut vous chercher des ennuis.

🤝

7. Ce que vous pouvez faire seul Et ce qui demande un avis

  • Seul : l'inventaire, le ménage, et le passage à une mesure d'audience exemptée sur un site vitrine. Ce sont les trois gestes qui règlent la majorité des situations, et aucun ne demande de compétence juridique.
  • Seul, avec de la rigueur : le réglage d'une bannière existante, si votre outil permet de bloquer réellement les traceurs avant le choix. Beaucoup d'extensions affichent la bannière sans rien bloquer derrière, ce qui laisse la principale erreur intacte.
  • Faites-vous aider : dès qu'il y a de la publicité ciblée, un espace client, ou des données transmises hors de l'Union européenne. Là, le sujet dépasse les traceurs et rejoint le RGPD dans son ensemble.
  • Prenez un avis juridique : pour la rédaction d'une politique de confidentialité qui engage réellement l'entreprise, surtout si vous traitez des données sensibles ou si vous avez des sous-traitants.
⭐
Le test en trois clics pour juger n'importe quelle bannière, y compris la vôtre. Comptez les clics nécessaires pour tout refuser. Si c'est plus d'un, elle n'est pas conforme. Regardez ensuite si les deux boutons ont la même taille et la même couleur. Enfin, ouvrez les outils du navigateur et vérifiez qu'aucun cookie de mesure n'a été déposé avant votre choix. Ces trois vérifications prennent deux minutes et couvrent les trois manquements les plus sanctionnés.

Mémo publié par NET&PRO à titre pédagogique. Information générale, sans garantie d'exactitude, d'exhaustivité ni d'actualité, et sans valeur de conseil personnalisé. Avertissement et limites d'usage

Partager

Mémos liés

Le SEO de A à Z

Setup initial, routine récurrente, outils, veille et hacks : tout ce qu'il faut pour poser les fondations et maintenir la performance SEO.

SEO Google Analytics Search Console
Tous niveaux 25 min
Lire le mémo

Le faire vous-même

Sur un site vitrine, la bonne correction est souvent de retirer la bannière plutôt que de la refaire. Cela se décide en une heure d'inventaire, et personne d'autre que vous n'a besoin d'être là pour le faire.

  • Le temps réel : une heure d'inventaire, une demi-journée pour le ménage et le passage à une mesure d'audience exemptée de consentement.
  • Les outils gratuits : une fenêtre de navigation privée et les outils de développement du navigateur suffisent à voir ce qui est déposé avant tout clic. C'est exactement ce que regarde un contrôle.
  • Le piège : installer une extension qui affiche une bannière sans bloquer les traceurs derrière. Les cookies partent quand même avant le choix, ce qui est le manquement le plus sanctionné.

Si vous préférez me le confier

Sur ce sujet, voici ce que je fais pour mes clients. Les formules disent ce qui est compris, ce qui ne l'est pas, et ce que ça coûte au bout de trois ans.

NET&PRO

Un mémo, c'est la carte. Le trajet, on le fait avec vous.

Vous avez compris le sujet. NET&PRO s'occupe de la mise en œuvre : audit de l'existant, développement, automatisation, formation de vos équipes.